Les carnets du Roy

dimanche 15 janvier 2012

Courir

Courir_Jean_EchenozJean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008, 142 pages.

Voilà un récit qui m’a fort plu. Je ne savais pas du tout sur quoi portait le sujet, mais j’ai été attiré par le court texte en quatrième de couverture : «On a dû insister pour qu’Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s’arrête plus. Il ne cesse plus d’accélérer. Voici l’homme qui va courir le plus vite sur la Terre». Avouons que ça pique la curiosité! D’autant plus que le livre est écrit dans ce même style simple, clair et teinté d’humour. De courtes phrases qui en disent long.

zatopek_qrÉmile, c’est bien sûr Emil Zatopek, ce légendaire coureur de fond tchécoslovaque qui va régner sur ses adversaires dans les années suivant la Seconde guerre. Pourtant, Echenoz ne mentionne le nom Zatopek qu’à la page 93. Très vite, toutefois, on comprend que l’auteur s’inspire de faits réels et on trace rapidement les liens qui s’imposent en se souvenant de celui que l’on surnommait «la locomotive tchèque». On comprend aussi que l’auteur s’inspire de faits réels, mais qu’il brode le reste. Ce qui est réel, ce sont bien sûr toutes ces courses que Zatopek a remporté en adoptant pourtant une méthode bien peu orthodoxe. C’est aussi l’atmosphère qui règne dans cette Tchécoslovaquie qui subit le joug allemand, puis celui des Russes. Zatopek devient alors, qu’il le veuille ou non, l’homme modèle de ce socialisme imposé. Pourtant, en 68, il prend le parti des réformistes, ce qu’il lui vaudra, une fois les tanks russes bien en contrôle dans Prague, d’être envoyé dans les mines d’uranium pour y travailler. Ce n’est que bien des années plus tard qu’il sera réhabilité. Un ouvrage à lire.

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samedi 14 janvier 2012

La fille du concierge

919305_gfMicheline Tremblay, La fille du concierge, Les Éditions David, 2008, 133 pages.

L’auteure signe ici son premier roman. Il s’agit d’un récit – de plusieurs petits en fait – à saveur hautement autobiographique. Micheline Tremblay, dans la peau de Jocelyne, nous parle de son enfance dans le Montréal des années 50. Son père est concierge dans une école, où la famille a également domicile. Curieux monde pour une enfant timide. Une quinzaine de textes explorent chacun leur tour une petite tranche de vie ou un souvenir marquant: une élève «spéciale» qui partage leur dîner chaque jour parce que, blessée à une jambe, elle ne peut rentrer chez-elle pour le repas du midi, l’humiliation ressentie lorsque l’auteure fait pipi en classe, la rencontre de celui qu’on appelle le fou du quartier, etc. Tout ça n’est pas compliqué, mais c’est invitant et on s’y reconnaît. Un court voyage dans ce Montréal où les bonnes sœurs se trouvent encore à chaque coin de rue et où la classe ouvrière trime dur pour assurer sa subsistance. Tout ça aussi dans une écriture pas compliquée, mais juste. Un petit bouquin qui se lit rapidement et qui nous laisse un peu nostalgique.

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samedi 31 décembre 2011

Bilan cinéma 2011

The_Passenger_pic_2Déjà le temps de dresser la liste des films vus durant la dernière année. Pas très longue d'ailleurs cette liste. Faut croire que le métier de papa occupe une bonne partie de mon temps! Les films sont classés selon la note attribuée. Un astérisque indique un film déjà vu auparavant.

  • Professione: reporter [The Passenger] (1975 - 89)
  • L'armée des ombres (1969 - 89)
  • Dr. No* (1962 - 86)
  • Whatever Works (2009 - 85)
  • The Great Escape (1963 - 83)
  • 2 ou 3 choses que je sais d'elle (1967 - 82)
  • L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (1973 - 81)
  • Carambolages (1963 - 79)
  • L'argent de poche (1976 - 79)
  • The Way (2010 - 76)
  • Après lui (2007 - 74)
  • Pars vite et reviens tard (2007 - 72)

Une douzaine de films vus en 2011. C'est tout. Et aucun film sorti en salle durant l'année. Je n'ose pas faire de prédictions pour l'an prochain!

 

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jeudi 29 décembre 2011

Je ne veux pas mourir seul. Autofiction.

Gil Courtemanche, Je ne veux pas mourir seul. Autofiction, Boréal, 2010, 155 pages.

Un roman peut-il ressembler plus à un testament? L’auteur a écrit cet ouvrage, au titre fracassant, un an seulement avant sa propre mort, du cancer. D’ailleurs, il n’est pas clair jusqu’où le texte puise dans la fiction et dans l’autobiographie. Car on sait que l’auteur s’était isolé en fin de carrière et qu’il considérait souvent qu’il avait raté sa vie, même s’il avait connu le succès.

51Pdxn2V7yL«J’aime vivre, mais je n’aime pas la vie», admet l’auteur. Surtout que cette vie se déroule maintenant dans l’absence de Violaine, la femme qu’il a temps aimé, mais jamais autant qu’aujourd’hui. Cette dernière l’a quitté le jour même où il a appris qu’il était atteint d’un cancer. Double mort, alors que l’auteur nous a prévenu que Violaine «était mon système immunitaire». La maladie le force à réfléchir sur son existence, sur le temps qu’il a perdu à ne pas aimer suffisamment, à noyer ses pensées sombres dans l’alcool.

Presque toutes les parties du livre sont intitulées «La vie» ou «La mort». C’est selon les états d’âme de l’auteur. Gil Courtemanche explore le chemin qui mène vers la mort. Une route qui bifurque toutefois alors qu’on ne s’y attendait pas. Mais une route qui mène toujours à bon port. Chemin faisait, il incite le lecteur à se questionner sur sa manière de vivre, d’aimer. Il lance des avertissements : «une caresse retenue est une forme d’avarice médiocre». Des consignes que l’auteur regrette de ne pas avoir lui-même respectées.

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mercredi 28 décembre 2011

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

9782226190901Eric-Emmanuel Schmitt, Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Albin Michel, 2009, 102 pages.

Voici un roman un peu trop fait sur mesures. Un Français qui écrit une histoire qui se passe à Tokyo en utilisant un style digne des scénarios ternes auxquels nous a habitué Hollywood. C’est l’histoire d’un adolescent de 15 ans qui a quitté la demeure familiale pour vivre dans la rue et y vendre des objets tabous. Jun fait la rencontre, à contrecœur au début, d’un instituteur de sumo. Ce dernier l’encourage à joindre son école. Jun fera finalement le saut, même s’il est maigrelet. Il éprouve bien des difficultés à gagner du poids et veut rapidement tout abandonner. Mais dans cette parabole, l’échec n’a pas sa place. On connaît la suite. Et l’auteur nous en donne plus encore. Un peu trop d’ailleurs pour ce court récit. Cela en vient à ressembler à Karate Kid. Un peu simplet. Mon premier Schmitt, je l’ai donc goûté comme l’un des derniers d’Amélie Nothomb: attiré par le sujet, je suis resté sur ma faim. Le roman a toutefois l’avantage de se lire vite et d’être bien écrit.

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dimanche 21 août 2011

Tintin en Amérique

9782203001022Hergé, Les aventures de Tintin, tome 3: Tintin en Amérique, Casterman, 63 pages.

Cet album est déjà mieux que le précédent, «Tintin au Congo». Même s'il regorge autant de stéréotypes et de références racistes. Cette fois-ci, ce sont les Indiens qui sont dépeints comme simplets. Et les Américains? Hergé les dessine avec la mine patibulaire ou encore comme des obèses profiteurs. L'histoire est toutefois intéressante, même si Tintin a trop souvent un trèfle à quatre feuilles dans sa poche arrière. Il se tire un peu trop facilement du pétrin. Les transitions sont parfois un peu bousculées. On a l'impression qu'Hergé a manqué de cases pour bien raconter son histoire! Les dessins sont réussis, le crayon d'Hergé continue de s'affiner. L'album est également plus drôle que le précédent. L'écriteau «Défense de fumer» apposer sur un édifice devant lequel des employés se reposent en fumant... Le shérif d'un petit patelin ivre mort en dessous d'une affiche interdisant la consommation d'alcool... La ville qui voit le jour en une journée... Bref, un album pas encore à la hauteur des suivants, mais tout de même supérieur à la majorité des bandes dessinées.

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dimanche 7 août 2011

Viande froide cornichons

9782757805589Édouard Launet, Viande froide cornichons. Dans les Annales des sciences médico-légales..., Seuil, «Points» S178, 167 pages.

Truculent petit ouvrage! Qui eut cru qu’il était possible de tant se réjouir du malheur des uns et de la stupidité des autres! Parce que les péripéties racontées par l’auteur ont bel et bien été vécues par de pauvres lascars. Launet va dénicher dans les Annales médico-légales de plusieurs pays des histoires aussi abracadabrantes les unes que les autres. Dans la plupart des cas, ça se termine mal. Comme pour ceux qui tentent de se suicider en utilisant une tronçonneuse. Car, comme va nous l’apprendre l’auteur, on ne meurt pas toujours d’un bon coup de scie mécanique bien placé (faits racontés sous la rubrique “Tranches de vies”)! Et que dire de ceux qui se servent de l’aspirateur pour se procurer un peu de plaisir (“Jouir du confort moderne”), si ce n’est que Launet nous rappelle que dans le cas des modèles Hoover Dustette, “l’hélice qui crée l’aspiration est juste en aval du court tuyau, à environ 15 cm de l’orifice d’entrée”… Peut-être vous êtes-vous déjà demandé combien de temps prenait le processus d’incinération? L’auteur répond à cette question dans une chronique intitulée “Tout feu tout flamme”. Et l’on se demande bien comment une aiguille à tricoter ou encore une queue d’écureuil ont bien pu se loger dans une vessie (“Dans les vessies à la lanterne”)! Si bien qu’après la lecture de ce bouquin, on en vient à croire qu’on est finalement pas si fou et qu’il y a bien pire que nous sur cette planète! À noter que certaines de ces chroniques ont paru dans Libération en 2004.

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mardi 28 juin 2011

Tintin au Congo

Hergé, Les aventures de Tintin, tome 2: Tintin au Congo, Casterman, 63 pages.

9782203001015Soyons francs, Tintin au Congo est loin d'être le meilleur album de la série. Et ce n'est pas seulement à cause du racisme ou du colonialisme qu'il renferme. Toute une littérature n'existerait probablement pas autour de l'œuvre d'Hergé si ses albums subséquents étaient de qualité semblable. Tout n'y est pas mauvais. Le dessin est adroit. Certaines scènes sont comiques. Mais dans l'ensemble, l'histoire est simplette et un peu trop surréaliste par moment. Il s'agit d'une BD qui serait probablement tombée dans l'oubli sans les albums qui ont suivi. 

Quant à ceux qui veulent interdire cette BD à cause de la façon dont elle dépeint les Africains, je crois, comme d'autres, qu'ils sont dans l'erreur. Hergé a écrit cette histoire à une époque où ce genre de propos étaient fréquents. Il est le reflet de son temps, que ça nous plaise ou non. Et ceux qui apprécient cette BD ne sont pas nécessairement des racistes ou des xénophobes.

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lundi 27 juin 2011

Petits suicides entre amis

UnknownArto Paasilinna. Petits suicides entre amis, Éditions Denoël, 300 pages. Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail.

Drôle d’épopée que nous décrit ici Paasilinna! Deux Finlandais qui veulent en finir avec leurs jours décident de former un club auquel vont se joindre quelques dizaines de concitoyens avec la même intention. Dans un car, ils traversent l’Europe d’un bout à l’autre et réfléchissent à l’acte final qu’ils veulent maintenant entreprendre tous ensemble. Le roman est construit sur de bonnes assises. Le suicide est un sujet rarement abordé de cette façon, avec une pointe d’humour et de sarcasme. Et l’ouvrage se lit bien, c’est fluide. Pourtant, on se lasse. Le car sillonne l’Europe, les discussions se ressemblent, les personnages nous intéressent de moins en moins. Bref, on en vient à se dire qu’il est vraiment temps que ce groupe de joyeux suicidaires en finisse une fois pour toute.

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dimanche 26 juin 2011

Cesar Imperator

Max Gallo, Cesar Imperator, XO Éditions, «Pocket» 12379, 506 pages.

UnknownSi, comme moi, vous ne connaissez de César que ce qui provient d’Astérix (j’exagère quand même un peu), vous apprécierez ce bouquin. Dans son style habituel, un peu pompeux, Max Gallo se livre à un portrait vivant et dynamique de son sujet. Dans ce monde dans lequel on est soit maître ou esclave, César réussit rapidement à s’illustrer, puis en vient à façonner l’histoire. Gallo tombe presque dans l’hagiographie, mais s’arrête juste avant. Il est toutefois beaucoup trop répétitif! On a rapidement compris que César était protégé par les Dieux, car l’auteur semble nous le rappeler toutes les deux pages. Pareillement pour son plaisir de la chair, pour son impassibilité qu’il doit à tout prix préserver. Malgré cela, cet ouvrage demeure intéressant et donne envie d’en connaître plus sur César. C’est déjà ça. Ajoutons toutefois que des index des noms de lieux et des personnages historiques auraient été utiles.

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samedi 16 avril 2011

Who Killed Canadian History?

51VVQ9NCCTLJ.L. Granatstein, Who Killed Canadian History? Toronto, HarperCollins Publishers, 1998, 156 pages.

Voici un petit essai qui donne matière à réflexion. Pourquoi les Canadiens ne s’intéressent-ils pas à leur passé? Ils sont peut-être les citoyens du monde les moins renseignés sur leur histoire. Et l’auteur se demande comment faire pour renverser la vapeur.

Granatstein s’en prend d’abord aux programmes scolaires qui varient d’une province à l’autre et qui laissent une bien petite place à l’histoire. Et il faut se questionner encore sur ce qu’on enseigne. Par exemple, au lieu d’étudier en profondeur l’énorme contribution canadienne lors des deux grands conflits du XXe siècle, la plupart des manuels scolaires préfèrent évoquer ces périodes sombres très rapidement pour ensuite s’attarder plus longuement sur le sort réservé aux Canadiens d’origine japonaise. Granatstein ne va pas jusqu’à dire que l’internement de milliers de Japonais doit être ignoré, mais ce pan de notre passé est-il plus important que notre participation même aux deux guerres? Et comme l’auteur l’indique, ce n’est guère mieux à l’université, où il est possible d’obtenir une maîtrise en histoire sans même prendre un seul cour qui porte sur le Canada. Et c’est pourtant à l'université que sont formés ceux qui vont par la suite enseigner l’histoire…

Granatstein s’attaque par ailleurs aux promoteurs de l’histoire sociale qui ont escamoté les grands événements politiques et les grands personnages de notre passé, les reléguant aux oubliettes. On parlera bien sûr en long et en large de Riel, mais qui s’intéresse encore à LaFontaine ou Borden? Et puis, difficile de s’intéresser à cette histoire qui nous dépeint la plupart du temps comme des bourreaux. Les Canadiens sont coupables de l’anéantissement de peuples autochtones, coupables d’avoir pratiquement soumis les travailleurs chinois à l’esclavage lors de la construction du chemin de fer, coupables d’avoir envoyé les Canadiens-Français sur le front, coupables d’avoir interné les Canadiens d’origine japonaise, coupables d’atrocités en Somalie…

L’auteur soulève donc plusieurs questions intéressantes et l’ouvrage se lit bien. J’aime bien sa suggestion de créer, en quelque sorte, un manuel du bon Canadien, contenant tout ce que chacun d’entre nous devrions savoir du passé de ce grand pays. Mais l’ouvrage gagnerait à être condensé. L’auteur se répète souvent et peut parfois passer pour un vieil historien nostalgique. Des notes de bas de page avec les références exactes pour les passages cités auraient aussi été appréciées. Et pourquoi pas une bibliographie des livres d’histoire dont l’auteur juge la lecture essentielle? Car Granatstein a beau dénoncer certains manuels, il ne nous parle pas beaucoup des ouvrages à consulter.

Who Killed Canadian History? demeure quand même un livre qui peut servir afin d’alimenter les débats entourant l’importance de connaître notre passé, de développer une histoire commune, alors que l’immigration, entre autres, continue de modifier le visage du pays.   

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mardi 1 mars 2011

Sur la route

images_1Jack Kerouac. Sur la route, Gallimard, «Folio» 766. 441 pages.

Grandiose road trip. La traversée des États-Unis, d’est en ouest, du nord au sud. Et même une virée au Mexique. Pourquoi? Pour s’évader, quitter la morosité du quotidien, un couple qui ne fonctionne plus. Pour chercher la liberté, soûler sa gueule et son esprit, retrouver de bons vieux potes. Seul fil conducteur du roman : la route. Elle s’étend entre deux grands pôles, New York et San Francisco.

Sal Paradise nous raconte son histoire. Pourtant, ce n’est pas lui le héros du roman de Kerouac. C’est plutôt l’irrévérencieux Dean Moriarty. Petit voyou, rebelle, au grand cœur imagespourtant. Portrait de ces jeunes et moins jeunes qui crèvent d’envie de vivre. Ils veulent l’aventure, la liberté. Ils sont à la quête du it, ce moment d’extase qui est la véritable raison d’exister. Mais autant ces personnages dévorent-ils la vie que celle-ci les dévore à son tour. Car c’est bien elle qui a le dernier mot. Pour chaque goutte d’alcool consommée, une relation est faite ou défaite.

Même si ce récit a ses longueurs et qu’il est souvent répétitif, il est facile de comprendre pourquoi il a influencé bien des membres d’une génération. Tout ceux qui se sont donnés comme mot d’ordre de survivre dans cette vie, de l’affronter avec fougue, sauront se reconnaître.

Un roman qu’il faut donc lire au moins une fois. Pour se donner l’envie de prendre soi-même la route. Pour se rappeler l’importance de vivre pleinement sa vie, même si celle-ci a du beau et du sale.

 

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dimanche 23 janvier 2011

Carambolages

51TXBbF0pnLCarambolages

1963 – France – 88 min.

Réalisation: Marcel Bluwal

Avec: Jean-Claude Brialy, Louis de Funès, Michel Serrault, Sophie Daumier, Anne Tonietti, Henri Virlojeux, Alain Delon.

Petite comédie sympathique qui aurait très bien pu s’appeler Manuel de l’arriviste. Louis de Funès est le directeur général d’une agence touristique importante de Paris. Son personnage ressemble à celui qu’il a joué dans plusieurs autres films : patron tyrannique sans pitié. Dans cette firme, la hiérarchie est bien établie et chacun, ou presque, rêve d’accéder, de promotion en promotion, au bureau qu’occupe Charolais. Le réalisateur Marcel Bluwal se sert du film pour se moquer, en quelque sorte, des tractations qui ont cours dans les coulisses de nos milieux de travail. Car ils sont nombreux ceux qui rêvent de gravir les échelons qui les transporte, plus ou moins rapidement, vers le sommet.

carambolages_1963Même s’il est à son meilleur, Louis de Funès n’est pas la vedette principale du film. Cet honneur revient à Jean-Claude Brialy, qui tient le rôle de l’arriviste, Paul Martin. Le très drôle Michel Serrault vient compléter ce joyeux triumvirat placé à la tête d’une excellente distribution. Le film a bien quelques longueurs, mais les scènes amusantes foisonnent et les dialogues sont bons. Parfait comme petit remontant.

Ma note: 79

Vu à la maison, le 22 janvier 2011.

 

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jeudi 20 janvier 2011

Professione: reporter

MV5BMTI2NzQ3NDA5MF5BMl5BanBnXkFtZTcwNDc1MjA0MQ__Professione: reporter

1975 – Italie/Espagne/France – 126 min.

Réalisation: Michelangelo Antonioni

Avec: Jack Nicholson, Maria Schneider.

Titre anglais: The Passenger

Je n’avais jamais entendu parler de ce film avant de le voir, même s’il s’agit selon moi de l’un des meilleurs mettant en vedette Jack Nicholson. Il tient le rôle d’un grand reporter (David Locke) qui, alors qu’il est en couverture spéciale en Afrique, découvre que le type dans la chambre voisine du petit hôtel où il séjourne est mort. Locke semble en avoir assez de son quotidien, de la vie de couple qui l’attend une fois rentré à la maison. Il décide alors de changer d’identité avec l’homme qui vient de mourir et qui lui ressemble un peu. En changeant les photos dans les passeports, il s’approprie l’identité de David Robertson. David Locke est mort. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que Robertson était dans le pays pour y vendre des armes à un groupe de rebelles. En prenant son identité, il s’embarque dans une fâcheuse aventure. Une aventure qui va le mener d’abord en Allemagne, puis par la suite en Espagne où il fera la rencontre d’une jolie jeune femme (Maria Schneider) qui décide de lui venir en aide.

1Le film est réussi à plusieurs niveaux. Les rôles principaux sont tenus à merveille par Nicholson et Schneider. Cette dernière dégage une candeur rafraîchissante. Quant à Nicholson, qui nous a habitué à son style exubérant, on l’aura rarement vu aussi sobre. Le film a bien quelques lenteurs, mais elles sont largement compensées par une superbe cinématographie. Michelangelo Antonioni utilise la caméra d’une excellente façon: qu’elle soit constamment en mouvement ou encore fixée sur une personne ou un objet. Et il y a certaines scènes, dont la dernière, qui sont simplement magnifiques. Un film qui mérite d’être vu plus d’une fois et qui, même s’il demande beaucoup de celui qui le regarde, ne se fera vite oublier une fois vu.

Ma note: 89

Vu à la maison, le 20 janvier 2011.

 

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dimanche 16 janvier 2011

L'Argent de poche

Argent_pocheL’Argent de poche

1976 – France – 104 min.

Réalisation: François Truffaut

Avec: Nicole Félix, Chantal Mercier, Jean-François Stévenin, Virginie Thévenet, Tania Torrens.

Ce n’est pas l’un des films que l’on retient quand on pense à Truffaut, mais ce qui en fait l’originalité, c’est qu’il montre le quotidien d’un groupe d’enfants d’une petite ville de France. Cela peut paraître banal, mais ce ne l’est pas plus, en fait, qu’un film qui nous présenterait les hauts et les bas de la vie d’un couple. L’histoire n’est pas vraiment structurée. Il s’agit plutôt d’une séquence d’événements plus ou moins reliés. argent_de_poche_1C’est un peu comme si on regardait un documentaire sur la manière d’agir des enfants, leur façon de voir la vie. D’autant plus que les enfants choisis par Truffaut n’avaient aucune expérience derrière la caméra. Ça se voit parfois (quand une fillette regarde en plein dans la caméra par exemple) et c’est bien ainsi. Dans l’ensemble donc, il s’agit d’un film qui vieillit bien, même si on ne peut pas en dire autant de la coiffure ou des vêtements portés par les enfants…

Ma note: 79

Vu à la maison, le 12 janvier 2011.

 

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jeudi 6 janvier 2011

Pars vite et reviens tard

Pars vite et reviens tard

2007 - France - 111 min.

Réalisation: Régis Wargnier

Avec: José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gillain, Olivier Gourmet, Michel Serrault.

 

MV5BMjA5Mjk1MTU5Nl5BMl5BanBnXkFtZTcwNzQ5ODY0MQ__Ce film m’a déçu. Ça commence bien et puis on déchante rapidement. Les prémisses sont prometteuses. La peur s’empare des Parisiens alors qu’un fou s’amuse à semer le bacille de la peste. Un commissaire (rôle tenu par José Garcia) est chargé de l’enquête.  Mais le tout s’embrouille rapidement et le scénario semble avoir été bâclé. Je n’ai pas lu le roman de Fred Vargas sur lequel est basé le film, mais j’ai l’impression que l’adaptation qui en a été faite ne lui rend pas justice.

L’histoire est donc mal développée, mais ce n’est pas tout. Les dialogues frôlent parfois la banalité et les rôles ne sont pas très bien tenus. Je n’ai franchement pas trouvé intéressant José Garcia, qui interprète le rôle du commissaire Adamsberg. Marie Gillain n’est guère mieux. Seuls Olivier Gourmet et Michel Serrault se débrouillent pas mal, mais encore là. Et puis, la trame sonore (bien qu’appropriée) devient quelque peu envahissante. Tout compte fait, j’ai préféré de beaucoup le petit documentaire sur la peste qui était compris dans la version DVD que j’avais sous la main.

Ma note: 72

Vu à la maison, le 6 janvier 2011.

 

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samedi 1 janvier 2011

Bilan cinéma 2010

Le temps est déjà venu de dresser la liste des films vus durant la dernière année. J'ai vu ou revu 54 films, dont un seul réalisé en 2010 (le dernier Dolan). Voici donc la liste des films, classés selon la note attribuée à chacun. Un astérisque accompagnant un titre indique un film déjà vu auparavant.

  • images_1Citizen Kane (1941 - 95)
  • Persona (1966 - 91)
  • 8½* (1963 - 91)
  • Taxi Driver (1976 - 89)
  • Nattvardsgästerna [Winter Light] (1963 - 89)
  • The Wild Bunch* (1969 - 89)
  • Z (1969 - 89)
  • Le mépris (1963 - 89)
  • Revanche (2008 - 89)
  • Raging Bull (1980 - 89)
  • Strangers on a Train (1951 - 88)
  • Un prophète (2009 - 88)
  • Per qualche dollaro in più [For a Few Dollars More]* (1965 - 88)
  • J'ai tué ma mère (2009 - 87)
  • Rio Bravo (1959 - 87)
  • Kirschblüten - Hanami [Cherry Blossoms] (2008 - 87)
  • 12 (2007 - 86)
  • Bunny Lake Is Missing (1965 - 86)
  • Per un pugno di dollari [A Fistful of Dollars]* (1964 - 85)
  • images_2Les tontons flingueurs (1963 - 85)
  • Chloe (2009 - 85)
  • Les amours imaginaires (2010 - 85)
  • The King and I* (1956 - 85)
  • Los abrazos rotos [Broken Embraces] (2009 - 84)
  • Inspecteur Lavardin (1986 - 84)
  • Politist, adjectiv [Police, Adjective] (2009 - 84)
  • Män som hatar kvinnor [The Girl with the Dragon Tattoo] (2009 - 83)
  • Le grand blond avec une chaussure noire* (1972 - 82)
  • Le goût des autres (2000 - 81)
  • La doublure (2006 - 81)
  • Mujeres al borde de un ataque de nervios [Women on the Verge of a Nervous Breakdown] (1988 - 81)
  • Les chansons d'amour (2007 - 80)
  • The Magnificent Seven (1960 - 80)
  • images_4La cérémonie (1995 - 80)
  • Quantum of Solace (2008 - 80)
  • Alexandre le bienheureux* (1968 - 79)
  • OSS 117: le Caire, nid d'espions (2006 - 79)
  • Mon meilleur ami (2006 - 78)
  • Coeurs (2006 - 78)
  • Molière (2007 - 78)
  • OSS 117: Rio ne répond plus (2009 - 77)
  • Les signes vitaux (2009 - 77)
  • Flickan som lekte med elden [The Girl Who Played with Fire] (2009 - 76)
  • Nine (2009 - 76)
  • MR 73 (2008 - 76)
  • images_5Rio Lobo (1970 - 76)
  • Hors de prix (2006 - 75)
  • Ripoux 3 (2003 - 75)
  • The Warriors (1979 - 74)
  • Ensemble, c'est tout (2007 - 73)
  • Ripoux contre ripoux* (1990 - 73)
  • Le retour du grand blond* (1974 - 72)
  • Noroît (1976 - 69)
  • 2 secondes (1998 - 67)

Encore une fois je précise qu'une fois une note accordée, je ne la change pas avant de revoir le film. J'ajouterai que 2010 m'a permis de découvrir plusieurs grands films qui manquaient à mon répertoire. J'ai l'intention de poursuivre sur cette lancée en 2011. Dans les prochaines semaines, je vais voir d'autres films de Hitchcock et Bergman, ainsi que certains de Truffaut.

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jeudi 30 décembre 2010

Mon meilleur ami

imagesMon meilleur ami

 2006 – France – 90 min.

Réalisation: Patrice Leconte

Avec: Daniel Auteuil, Dany Boon, Julie Gayet, Julie Durand.

Un marchand d’art (Auteuil) n’a pas d’amis et ne s’en rend pas compte. Ce n’est que lorsqu’il est confronté par son associée (Gayet) qu’il est placé devant le fait accompli. Un pari est lancé et François a dix jours pour présenter son meilleur ami à Catherine. Difficile d’avoir un meilleur ami quand on a pas d’amis, point. Le hasard étant ce qu’il est, François va rencontrer un chauffeur de taxi (Boon) qui semble être l’ami de tout le monde. Il le paye pour obtenir des conseils sur la façon de tisser des liens d’amitié. Il a plus ou moins de succès! Chemin faisant pourtant, on apprendra que Bruno le chauffeur n’a pas plus d’amis que François, malgré les apparences. Nous ne sommes pas surpris par le fait que les deux hommes deviennent amis, avec les bons côtés, mais aussi les ratés que cela implique.

Il ne s’agit pas ici du meilleur film de Patrice Leconte, qui est l’un de mes réalisateurs préférés. On voudra plutôt revoir Monsieur Hire, La Veuve de Saint-Pierre ou encore Le Mari de la coiffeuse. Mais pourtant, on a du plaisir à voir Mon meilleur ami. On croit d’abord qu’il s’agit d’une comédie, semblable à La Doublure. Et puis, on se rend compte que le film a plus de profondeur. Leconte traite ici d’un sujet qui peu sembler banal – l’amitié – mais qui, quand on s’y arrête, engendre autant d’intrigues que l’amour. À quoi consiste vraiment l’amitié et à quoi sert-elle? C’est un peu le sujet d’étude auquel se livre le réalisateur.

18673457Mon meilleur ami est une petite histoire originale comme seuls les Français semblent pouvoir bien les concocter. Les rôles principaux sont bien tenus par Daniel Auteuil, Dany Boon et Julie Gayet. Les rôles secondaires le sont aussi. Le scénario est bien ficelé, la photographie est bien faite et la trame sonore est bonne. Je n’hésite donc pas à recommander ce film.

Ma note: 78

Vu à la maison, le 28 décembre 2010.

 

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dimanche 29 août 2010

Ô vous, frères humains

2070379159Albert Cohen. Ô vous, frères humains, Gallimard, «Folio» 1915, 213 pages.

Le romancier vieillissant livre ici un grand secret. Il raconte comment sa vie à changer ce jour du mois d'août 1905, le jour de son dixième anniversaire, alors qu'il se balade dans les rues de Marseille. On va le traiter de "sale juif". La dure réalité rattrape ainsi cet enfant qui va apprendre à marcher les yeux baissés, alors qu'il était pourtant si gai. C'est d'autant plus choquant que le jeune Cohen était un grand admirateur de la France. Il aurait probablement été plus Français qu'un Français ne peut l'être.

Dès le début de ce témoignage, l'auteur nous prévient: «Antisémites, préparez-vous à savourer le malheur d'un petit enfant, vous qui mourrez bientôt et que votre agonie si proche n'empêche pas de haïr» (p. 10). Car même s'il tient à raconter son histoire, il sait bien qu'il ne saura s'attirer la sympathie de ceux qui ne l'aimaient pas et qui ne l'aiment toujours pas du simple fait qu'il est juif. Et l'auteur souligne que cette haine pour un enfant de 10 ans est la même qui va mener aux camps de concentration et aux chambres à gaz. Un ouvrage à lire.

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dimanche 22 août 2010

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

2234052351Stefan Zweig. Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, «Le Livre de poche» 4340, 125 pages. (Traduction et introduction par Olivier Bournac et Alzir Hella)

Au début du siècle dernier, dans une pension de famille sur la Côte d'Azur, les visiteurs discutent avec véhémence de cette femme qui a pris la poudre d'escampette, durant la nuit, avec un homme qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures. C'est sur elle que l'on jette l'oppropre de cette folle décision. Pourtant, une dame plus âgée confie au narrateur avoir vécu une aventure semblable il y a bien des années. Ce sont les 24 heures qui ont changé la vie de cette femme qui nous sont ici racontées avec brio par Zweig. Économe côté mots et pages, l'auteur n'en réussit pas moins à nous charmer par son style d'écriture. Chemin faisant, il jette un regard perçant sur la passion et le jeu, sur les risques et périls qui y sont associés. À lire!

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